Brigid,  dont le nom celte signifie « haute, élevée », est la fille de DAGDA le dieu de la tribu de DANA. Triple déesse celte, elle préside aux arts, au feu et à la guérison. Elle est la déesse d’IMBOLC, fête antique du soleil, du feu, de la lumière, de la renaissance. 

En Gaule, Brigid porte le nom de Belisama, “la très brillante” ou “pareille à la flamme” et était la déesse la plus vénérée.  

En Bretagne, elle est devenue Santez Berc’hed. De nombreuses chapelles lui sont dédiées. Celle au sommet du Menez Hom, un des points culminants d’Armorique, semble avoir été bâtie sur un lieu consacré à la déesse : on y a trouvé une statuette à son effigie. 

                                        

L’influence de Brigid (Brighid, Brid, Brigantia) fut si forte qu’elle fut christianisée sous le nom de Sainte Brigitte et, curieusement, trois Brigitte sanctifiées lui ont succédée :  

  • Brigitte de Kildare (Vème siècle), la plus proche des rites liés à la déesse car, tout comme au temps des grandes prêtresses druidiques, un Feu Sacré restait allumé et était veillé jour et nuit au couvent de Kildare, qu’elle a fondé. Ce feu de Sainte Brigitte a été entretenu pendant plus de 7 siècles jusque vers 1220. Sainte Brigitte est fêtée, comme la déesse, le 1er février. Elle est la patronne de l’Irlande avec Saint Patrick.

                                    

  • Brigitte de Fiesoli (Vierge du VIIIè siècle) est vénérée, surtout en Italie, le 31 décembre. On sait peu de choses sur elle.
  • Brigitte de Suède (XIVè siècle), veuve et noble, fondatrice de l’ordre de Saint Sauveur, auteur de « révélations » est fêtée le 23 juillet et fut reconnue par le pape « patronne de l’Europe ». Elle est honorée principalement par les catholiques.

La triple déesse celte Brigid préside à l’artisanat, aux beaux-arts, à la poésie et par extension à l’inspiration et la divination, aux activités féminines telles que le tissage, la teinture, la brassage de la bière ;  

Elle est aussi protectrice des sources sacrées et possède donc les pouvoirs de guérisseuse, par les plantes et les potions surtout ; elle assure également la protection des troupeaux, et veille à l’abondance du lait et du beurre.  

Elle a donc la triple fonction de protéger la santé, de trouver la juste valeur des mots à travers la poésie et de forger des armes magiques. La légende veut que ce soit elle qui créa Excalibur, l’épée du Roi Artur et la remit à Merlin ; 

                                

L’élément qui la caractérise le mieux est le feu, manifestation de ses différentes natures : Brigid est le feu de l’inspiration pour les poètes, le feu de la Terre qui permet la santé et la fertilité, et enfin le feu du foyer utilisé pour la forge.   

Chez les Celtes, on fêtait Imbolc autour du 1er février : la fête du réveil de la terre et de la montée de l’ensoleillement.  

Ce rite, en l’honneur de la déesse Brigid, célébrait la purification et la fertilité au sortir de l’hiver. Paradoxalement, c’est le moment où l’hiver est très froid mais en même temps celui où les perce-neige et les bourgeons apparaissent et où les agneaux naissent, promesse du renouveau.                     

 Les paysans portaient des flambeaux et parcouraient les champs en procession, priant la déesse de purifier la terre avant les semailles.

L’ère chrétienne a remplacé les flambeaux par des chandelles, symboles du « Christ-Lumière » que l’on plaçait aux fenêtres pour éloigner le Malin.               

Brigid est une divinité solaire, les crêpes de la Chandeleur symbolisent encore aujourd’hui ce plein soleil qui monte et que l’on attend avec confiance dans le froid de l’hiver.  Elle est la patronne des druides, des bardes, des poètes, des artistes, des magiciens, des bergers, des forgerons, des médecins et des sages-femmes. Ses symboles sont le feu, les puits et les sources, les flocons de neige, les brebis et agneaux, le lait, les armes.