Ma grand-mère, qui habite à Bréhand , m’a raconté une histoire qui s’est passée quand elle avait notre âge , c’est-à-dire , il y a très longtemps. Je vais vous la raconter :

Un paysan avait un enfant un peu idiot qui s’appelait Gab… Il en avait assez que Gab soit bête.

Alors, il alla voir le sorcier du village.

Le paysan frappa à la porte :
_« toc, toc, toc… »

Il entra et demanda :
_ « Je voudrais quelque chose qui rende mon enfant plus intelligent. »

Le sorcier regardait autour de lui et vit un sac. Il y mit la main et sortit un moulin à café. Mais il s’agissait d’un moulin magique. Il fallait donc une formule magique pour l’utiliser.
Pour démarrer le moulin , il fallait dire : « Mal’ta miell petit moulin. » ;  Pour l’arrêter: « Harz ae penn.Hag an dieben. »                                                    


Le père de Gab remercia le sorcier et s’en alla. De retour chez lui , le paysan dit la formule pour démarrer et il demanda :
« Mal ta miell petit moulin ; je veux un fils intelligent. »
Et le ventre de la femme du paysan se mit à grossir, grossir et elle mit au monde Fernand.
Le moulin fut posé sur le rebord de la cheminée et on recommanda à Gab de ne pas le
toucher.

Un jour alors qu’il était affamé, Gab rentra chez lui. Il fouilla dans les placards et ne trouva  rien.  Il vit alors le moulin magique sur le rebord de la cheminée.

Mais comme il n’ était pas très intelligent, il désobéit et prit le moulin en répétant la formule :  « Mal’ta miell petit moulin »  et lui réclama un bon  bouillon avec des champignons moisis mélangés avec des pommes de terre et de la boue.

Il eut ce qu’il voulait. Il mangeât ce qu’il avait réclamé. Mais il fut pris d’un mal de ventre. Le moulin ne s’arrêtait pas car Gab ne se souvenait plus de la formule de fin. Alors ça montait, montait, montait jusqu’à mi-ventre.

L’autre fils qui était bien plus intelligent arriva et prit le moulin en prononçant la formule pour l’arrêter. Toute la mixture partit dans le village .
Les parents arrivèrent et le père réprimanda le fautif : 

« Tu es content maintenant alors va nettoyer tout le village ». Il mit des mois à le nettoyer.                       

Des mois passèrent et il avait encore faim. Il rentra dans la maison et prit le moulin.
Il voulut dire la formule. Il décida de se rendre dans le champ et réclama du lait avec des tartines et des asticots. Il répéta la formule et le mélange sortit : le lait, les tartines, les asticots.

Au bout d ‘un moment, il n’avait plus faim  et la nourriture commençait à inonder le champ. On voyait les asticots en train de nager sur les tartines de pain !
Le frère de Gab arriva en barque, arracha le moulin et récita la formule de fin :
« Harz ae penn.Hag an dieben. »  Gab fut encore grondé.
                                             
Des mois passèrent et la famille de Gab manquait cruellement d’argent.
A cette époque, le sel permettait de rapporter beaucoup d’argent.

                               
Désireux d’aider ses parents, Gab monta dans la barque de son père et partit en mer.


Il prononça la formule : « Mal’ta miell petit moulin » et demanda : « Je veux du sel ! »
Plus le sel s’entassait et montait dans la barque, plus celle-ci coulait, et elle finit par sombrer.
                                                               La légende raconte que c’est pour ça que la mer est salée car le moulin continue de donner du sel dans le fond de la mer.

FIN